dimanche 24 février 2008

Exposition Frida Kahlo à Philadelphie






Au Musée de Philadelphie est présentée en ce moment une exposition sur Frida Kahlo, qui voyage depuis le Walker Art Center de Minneapolis. On y voit des peintures, des photographies de l'artiste et de son entourage ainsi que des objets aztèques ayant appartenus à Kahlo. Le parti pris est chronologique, et quelques panneaux explicatifs informent le visiteur de la tranche biographique à laquelle rattacher tel ensemble de peintures. L'audio-guide est scandaleusement mauvais, n'analysant les oeuvres qu'à l'aide de quelques éléments biographiques et psychologiques - son désir d'enfant, les trahisons de Diego Rivera, la rencontre avec Breton, ses souffrances physiques...Donc une exposition vraiment pas décoiffante, apparemment destinée à un public pas très curieux. Je dirais que la salle la plus intéressante de l'expo est le "gift shop". On y trouve tout: les bijoux et les robes de Frida, des cartes postales hologrammes, des tissus mexicains, des porte-clefs têtes de mort, des posters, bref des gadgets en nombre infini. Très chers. Pas beaucoup de livres. Je n'ai pas eu le droit de prendre de photos.

Philadelphia Museum of Art






Le Musée d'art de Philadelphie se trouve dans un grand complexe de massifs bâtiments néo-classiques. La frise de style grecque qui orne le bâtiment annexe, en relief et en couleurs, est d'un kisth dément. Le musée présente des collections qui s'étendent de l'antiquité à l'art moderne, sans limites géographiques.
Au rez-de-chaussée se trouve l'aile américaine qui présente un mic-mac de meubles de style Louis XV de seconde main, des ustensiles de cuisine, des peintures un peu maladroites des riches notables du XVIIe siècle de la côte Est, et celle célébrant le passé de Philly - ville de la liberté où fut signé la déclaration d'indépendance. Elle voisine l'aile consacrée à l'art moderne, dont à mon avis les pièces les plus extraordinaires sont celles de Marcel Duchamp, exposées dans la galerie Boulton Stroud/ Rrose Sélavy (la double féminin de l'artiste - Eros c'est la vie). On y voit les deux oeuvres dont les artistes contemporains reconnaissent l'influence, Le Grand Verre et Etant Donnés. Le Grand Verre consiste en deux grandes plaques de verre entre lesquelles se trouvent des figures en vitrail représentant des mécanismes mystérieux ou encore "La mariée mise à nue par les célibataires, même" (d'après le sous-titre de l'oeuvre). Oeuvre énigmatique s'il en est, qui ne va pas sans sa valise de manuscrits explicatifs édités par Duchamp en tirage limité. Etant Donnés est un dispositif de voyeur. Le visiteur est invité à s'approcher d'une grosse porte en bois rustique. A travers deux trous, il distingue le corps - mort? - d'une jeune femme se tenant nue, étendue, les jambes écartées. A l'arrière plan, un mécanisme anime des fontaines riantes. J'avais beaucoup lu sur cette oeuvre mais je ne soupçonnais pas sa grande violence. J'ai aussi aimé les décores muraux de Sol Le Witt, qui redonnent sens à une architecture un peu ratée, et la salle dédiée aux peintures de l'Odyssée de Cy Twombly. A l'étage, la collection d'oeuvres européennes anciennes et d'art asiatique m'a scotchée. On y trouve un cloître roman (enlevé de France et reconstruit, selon la même stratégie que les Cloisters), des linteaux sculptés, des plafonds Renaissance, des cheminées, l'intérieur d'une salle de l'hôtel de Lauzun reconstituée, un salon dessiné par Robert Adam pour un intérieur anglais...Le tout intégré le plus harmonieusement possible aux galeries du musée. Mais un oeil européen ne peut s'empêcher de trouver l'effet un peu grotesque, et de méditer sur le dénuement culturel dans lequel se sentent les Américains, ainsi que sur les miracles accomplis par l'argent. Cependant, j'étais complètement baba devant les temples indiens et chinois présentés au même étage. Ce sont quand même des moyens de connaître physiquement des civilisations disparues ou lointaines, et j'admire l'extravagance toute américaine le musée de Philadelphie remplit sa mission éducative.

Tragedy at Northern Illinois University



Depuis ma fenêtre, je vois le drapeau américain en berne devant le bâtiment administratif de l'université. La présidente de l'université, Karen Lawrence, en a décidé ainsi pour rendre hommage aux victimes de la tuerie de l'université de l'Illinois du Nord. Elle lui a également envoyé ses condoléances au nom de l'université, et mis en place un soutien d'aide psychologique pour les étudiants de Sarah Lawrence (accessible uniquement sur rdv le mardi et vendredi entre 14h et 15h30...). Dans un mail, elle rappelle qu'après l'accident de Virginia Tech, Sarah Lawrence a revu ses procédures de sécurité. Elle recommande de s'inscire dans le fichier pour être prévenu en cas d'alerte. Comme je suis un alien ici, je n'arrive pas à m'inscrire dans le système. Je suis pourtant préoccupée, et plus que jamais abasourdie par les droits et restrictions imposées aux jeunes Américains: pas le droit de boire de l'alcool avant 21 ans (dans la plupart des Etats), ce qui génère des excès délirants; en conséquence, le droit de conduire à partir de 16 ans, et je peux vous dire que tous conduisent extrêmement mal; le droit de se posséder une arme à feu sans aucune restriction, en vertu du deuxième amendement de la Constitution. Et tous ces étudiants abandonnés dans des campus perdus dans les vastes plaines des Etats-Unis doivent faire avec ces interdictions et libertés contradictoires...

dimanche 17 février 2008

Le Studio Museum à Harlem

Le Studio Museum fut crée en 1968 par un consortium de conservateurs du Museum of Modern Art et de critiques de journaux spécialisés pour répondre aux protestations contre le manque de visibilité d'artistes noirs dans les grands musées. Il fut conçu non pas comme un satellite des grands musées mais comme une entité indépendante implantée dans Harlem, destinée à soutenir les artistes de la communauté noire grâce à un programme de résidence d'artiste, et à proposer un programmes susceptible d'intéresser les habitants du quartier. A son ouverture, il fut reproché au Studio Museum d'adopter un modèle calqué sur les établissements "blancs". Au fur et à mesure des années, le musée est devenu une institution tournée vers la recherche. La mission actuelle du musée s'exprime en ces termes "The Studio Museum in Harlem is the nexus for black artists locally, nationally, and internationally, and for work that has been inspired by black culture. It is a site for the dynamic exchange of ideas about art and society."
Le Studio Museum occupe ajourd'hui un espace à l'aspect très neuf sur la 125th st. L'entrée est entièrement vitrée et le design d'ensemble, moderne et sobre, offre un aspect qui contraste étrangement avec l'activité de la rue et l'atmosphère générale du quartier. Les rares visiteurs ne viennent pas en voisin. Ce sont plutôt des jeunes gens apparement habitués des expositions.
Pour cause de travaux de réaménagement, peu d'expositions sont en cours actuellement.
Dans l'entrée se trouve une oeuvre de Glenn Ligon qui monumentalise le poème de Mohammed Ali, "Me, we". L'installation reprend à son compte la signification du poème, qui lie indissociablement l'identité à la communauté. Mais les lettres en néon blanc qui clignotent sur fond noir soulignent la fragile existence de l'identité noire dans ses rapports avec la société blanche.
La galerie principale est dédiée à une exposition sur l'oeuvre de Kori Newkirk. Cet artiste noir crée des oeuvres très délicates à partir de matériaux modestes mais significatifs de la culture afro-américaine: des paniers de basket, des cheveux synthétiques, des perles pour cheveux. Deux paniers de basket tissés ensemble créent un long passage sans issu. Des tentures de perles et de rajouts fonctionnent comme des peintures murales où se découpent les silhouettes de figures noires au visage indistinct. L'artiste se met en scène dans des photographies où il cherche à mettre en évidence le contraste entre des éléments blancs - la neige par exemple - et sa nudité. Kori Newkirk utilise plusieurs stratégies qui soulignent les incertitudes de la beauté et de la culture noire.
La programmation est intéressante mais l'espace est petit et mal exploité. Il en résulte une impression d'inachevé qui je suppose est due aux travaux. En outre, autant le Museo del Barrio paraît fonctionner en harmonie avec la communauté latino de Spanish Harlem, autant le Studio Museum paraît un alien qui intéresse peu les passants de la 125th St.

samedi 16 février 2008

Candle Café



Un restaurant végétarien de l'Upper East Side situé au croisement de la 3e ave. et de la 75e rue, le Candle Café est apparement connu et apprecié au vu des nombreux clients qui ne cessent d'arriver au cours de la soirée et qui n'hésitent pas à attendre de longues minutes. J'y suis allée en compagnie de Mokie, Chloé et Flavia, avec la ferme intention de bien manger en prenant mon temps. C'était compter sans les habitudes américaines. Nous sommes restées une heure à table, pour un plat et un dessert. Cela ne paraît pas indécent, mais les serveuses ne savaient plus quels stratagèmes déployer pour nous faire partir. Les clients attendant au bar nous décochaient des regards noirs. Car les Américains n'ont pas comme les Français cette habitude de traîner ensemble autour d'un repas et d'un verre de vin. Ils mangent: en travaillant, en marchant, rarement assis...
La nourriture était assez bonne mais j'ai eu tout faux en commandant un vegie burger, sec, sans intérêt. J'ai voulu surmonter cette défaite en achevant par un smoothie au peanut butter, blueberries, banana, vanilla soy ice cream, milk rice (rien que ça). Le peanut butter donne un arrière goût étrangement piquant aux smoothies, et c'est ainsi préparé que je le préfère. Mais j'ai finalement regretté de n'avoir pas choisi une part géante de carrot cake.

jeudi 14 février 2008

Happy Valentine's Day



Voilà ce que j'ai trouvé sur ma porte ce matin: un mot doux de mon R.A. Jessica en l'honneur de la Saint Valentin.
Un R.A. est un étudiant employé par l'université. Il est chargé de la vie étudiante dans un ensemble d'habitation sur le campus. Il s'occupe d'organiser des évènements mais se charge aussi les problèmes émotionnels et matériels.
Aux Etats-Unis, on nous rabat les oreilles très péniblement avec la Saint Valentin. C'est avant tout, comme en France, un évènement commercial. Mais les Américains, avec leurs bons sentiments, leur morale, leur vie de campus et leurs idéaux matrimoniaux, investissent cette célébration bien plus sincèrement que nous. Je crois qu'ils vont vraiment fêter ça se soir et j'ai intérêt à me terrer dans une salle de cinéma ou de théâtre si je veux en sortir indemne.

lundi 11 février 2008

Perkins



Perkins est le le nom de ma nouvelle maison, jaune, plate et coquette.